Qu'était l'ARENH ?
L'ARENH, pour « accès régulé à l'électricité nucléaire historique », a été créé par la loi n° 2010-1488 du 7 décembre 2010, dite loi NOME. Il permettait aux fournisseurs alternatifs d'acheter à EDF une partie de la production de ses centrales nucléaires historiques, à un prix fixé par l'État.
- Période : du 1er juillet 2011 au 31 décembre 2025.
- Prix : 40 €/MWh au départ, puis 42 €/MWh à partir du 1er janvier 2012, sans changement jusqu'à la fin du dispositif.
- Volume : au plus 100 TWh par an pour l'ensemble des fournisseurs, hors fourniture des pertes des gestionnaires de réseau.
Pour une entreprise, l'ARENH n'apparaissait pas comme une ligne de la facture. Il pesait sur le prix de la fourniture : un fournisseur qui obtenait des volumes ARENH pouvait proposer une part de son électricité à ce prix régulé. Le tarif réglementé l'intégrait aussi dans sa formule de calcul.
La fin de l'ARENH au 31 décembre 2025
Le dispositif était prévu pour une durée limitée et s'est arrêté à son terme, le 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, les fournisseurs s'approvisionnent entièrement sur les marchés de gros ou avec leur propre production.
Le premier mouvement du tarif réglementé sans ARENH a eu lieu le 1er février 2026. La CRE a construit ce tarif sur une énergie achetée à 100 % au prix de marché, lissé sur deux ans. Pour les tarifs bleus des professionnels, ce mouvement a été de -1,58 % TTC (délibération n° 2026-06 du 14 janvier 2026). Il intègre aussi la baisse de la CTA (de 21,93 % à 15 %), la hausse de l'accise (de 29,98 à 30,85 €/MWh) et celle du coût des CEE.
Le versement nucléaire universel : comment il fonctionne
L'article 17 de la loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) a créé deux outils qui s'appliquent depuis le 1er janvier 2026 :
- une taxe sur l'utilisation de combustible nucléaire, inscrite au code des impositions sur les biens et services (articles L. 322-67 et suivants). Elle prélève 50 % des revenus du parc nucléaire historique d'EDF au-delà d'un premier seuil, dit « de taxation », puis 90 % au-delà d'un second seuil, dit « d'écrêtement » ;
- le versement nucléaire universel, inscrit au code de l'énergie (articles L. 337-3 et suivants). Il reverse le produit de cette taxe sous la forme d'une minoration sur la facture de tous les consommateurs finals qui ont un contrat de fourniture d'électricité.
| Seuil | Valeur | Part des revenus prélevée au-delà |
|---|---|---|
| Seuil de taxation | 78 €/MWh | 50 % |
| Seuil d'écrêtement | 110 €/MWh | 90 % |
Le décret n° 2026-55 du 4 février 2026 fixe deux règles d'application :
- la minoration ne se déclenche que si elle dépasse 1 €/MWh ;
- elle s'applique aux consommations du 1er avril au 31 octobre inclus.
En 2026, le VNU vaut 0 €/MWh
Le 1er décembre 2025, la CRE estimait les revenus nucléaires d'EDF pour 2026 à 66,08 €/MWh, en dessous du seuil de taxation de 78 €/MWh. La taxe ne rapporte donc rien, et il n'y a rien à reverser.
La CRE a proposé un tarif unitaire de minoration nul (délibération n° 2026-52 du 26 février 2026). L'arrêté du 27 mars 2026 l'a fixé à 0 €/MWh pour 2026. Le VNU ne fait baisser aucune facture cette année.
Et en 2027 ?
La CRE publie et met à jour une estimation des revenus nucléaires d'EDF. Pour 2027, sa première estimation, en janvier 2026, était de 60,94 €/MWh. Sa dernière, mise à jour le 1er octobre 2026, est de 65,50 €/MWh pour une production de 360 TWh.
Ces deux estimations restent sous le seuil de taxation de 78 €/MWh. La CRE doit proposer le tarif unitaire de minoration pour 2027 au plus tard le dernier jour de novembre 2026. Cette page sera mise à jour à sa publication.
Ce que la fin de l'ARENH change sur les factures
Sans ARENH, le prix de la fourniture dépend entièrement des achats du fournisseur sur les marchés de gros. Les repères publiés par RTE montrent des prix bien plus bas qu'au moment de la crise :
| Repère | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Prix spot moyen | 58 €/MWh | 61 €/MWh |
| Prix à terme pour l'année suivante (moyenne) | 77 €/MWh | 61 €/MWh |
Deux briques ont en revanche augmenté :
- le mécanisme de capacité, réformé et centralisé par RTE pour l'hiver 2026-2027 : il pèse +2,10 % hors taxes dans le mouvement du tarif réglementé du 1er août 2026 ;
- les certificats d'économies d'énergie (CEE) : leur coût monte avec la 6e période (2026-2030), +53,5 % dans le tarif réglementé de 2026.
Pour comprendre où ces coûts apparaissent sur votre facture, voyez notre guide ligne par ligne et la page sur le prix de l'électricité professionnelle.
Ce que vous pouvez vérifier sur votre contrat
- La formule de prix. Si votre contrat a été signé avant 2026 et que son prix dépendait d'une part d'ARENH, relisez la clause qui prévoit son remplacement : elle dit comment le prix a été recalculé au 1er janvier 2026.
- Les lignes « capacité » et « CEE ». Elles peuvent figurer à part ou être incluses dans le prix de l'énergie. Comparez deux offres sur la même base, toutes briques incluses.
- L'échéance. Un contrat à prix fixe signé pendant la crise de 2022 peut reposer sur des prix très supérieurs aux repères actuels. Notez sa date de fin et ses conditions de sortie, puis voyez comment changer de fournisseur.
- L'éligibilité au tarif réglementé. Une entreprise de moins de 10 personnes dont le chiffre d'affaires, les recettes ou le total de bilan n'excèdent pas 2 M€ peut y revenir, quelle que soit sa puissance : voir le tarif réglementé pour les professionnels.