Qu'est-ce que le TURPE ?
Le TURPE rémunère les gestionnaires de réseau : RTE pour le transport à haute tension, Enedis et les entreprises locales de distribution pour la distribution. Il est fixé par la Commission de régulation de l'énergie (CRE), sans taxes : les montants de ses grilles « sont exprimés hors tous prélèvements ou taxes ».
Avec un contrat unique, le cas le plus courant, votre fournisseur paie le TURPE au gestionnaire de réseau et vous le refacture, sur une ligne « acheminement » ou inclus dans un prix global. Au tarif réglementé, il est compris dans les prix du barème. Dans tous les cas, son montant ne dépend pas du fournisseur.
Du TURPE 6 au TURPE 7 : le calendrier
| Date | Mouvement | Ce qui a joué |
|---|---|---|
| 1er février 2025 | +7,7 % | Mouvement anticipé, encore sous le TURPE 6 |
| 1er août 2025 | Entrée en vigueur du TURPE 7 | Pour environ 4 ans ; le transfert du Facé (aides à l'électrification rurale) au budget de l'État fait baisser le tarif de 1,92 % |
| 1er août 2026 | +3,04 % | Inflation de 0,39 %, moins 0,35 %, plus un rattrapage de 3 % : les recettes d'Enedis ont été inférieures de 231,6 M€ aux prévisions, à cause d'une année 2025 plus chaude |
Les grilles du TURPE 7 évoluent ensuite chaque 1er août (2026, 2027, 2028) selon la formule inflation - 0,35 % + k, où k, compris entre -3 % et +3 %, corrige les écarts de recettes. Prochain rendez-vous : le 1er août 2027.
Les composantes du TURPE
Pour chaque point de connexion, le montant annuel est la somme de plusieurs composantes (délibération de la CRE n° 2025-78). Celles qui concernent une entreprise raccordée en basse tension :
- Composante de gestion (CG) : la gestion du contrat d'accès au réseau, un montant fixe par an.
- Composante de comptage (CC) : le compteur et le relevé, un montant fixe par an. Un site de 36 kVA ou moins sans compteur communicant paie en plus une composante pour comptage non communicant.
- Composante de soutirage (CS) : l'usage du réseau, avec un terme de puissance (en €/kVA par an, multiplié par la puissance souscrite) et un terme d'énergie (en c€/kWh, multiplié par les kWh de chaque plage horaire).
- Composantes mensuelles des dépassements de puissance souscrite (CMDPS) : au-delà de 36 kVA, les heures où la puissance appelée dépasse la puissance souscrite.
- Énergie réactive (CER), alimentations complémentaires et de secours (CACS), regroupement (CR), injections : pour certains sites seulement.
Les montants depuis le 1er août 2026
| Composante | Jusqu'à 36 kVA | Plus de 36 kVA |
|---|---|---|
| Gestion (CG) | 17,12 €/an | 222,53 €/an |
| Comptage (CC) | 22,67 €/an | 291,88 €/an |
| Plage horaire | Terme de puissance | Terme d'énergie |
|---|---|---|
| Heures pleines, saison haute | 18,15 €/kVA/an | 7,12 c€/kWh |
| Heures creuses, saison haute | 16,45 €/kVA/an | 4,34 c€/kWh |
| Heures pleines, saison basse | 15,00 €/kVA/an | 2,19 c€/kWh |
| Heures creuses, saison basse | 12,34 €/kVA/an | 1,57 c€/kWh |
| Plage horaire | Terme de puissance | Terme d'énergie |
|---|---|---|
| Heures pleines, saison haute | 31,08 €/kVA/an | 5,86 c€/kWh |
| Heures creuses, saison haute | 21,82 €/kVA/an | 3,58 c€/kWh |
| Heures pleines, saison basse | 17,15 €/kVA/an | 2,07 c€/kWh |
| Heures creuses, saison basse | 12,75 €/kVA/an | 1,54 c€/kWh |
Les sites de 36 kVA ou moins (C5) ont leurs propres options : par exemple 10,42 €/kVA/an pour le terme de puissance en courte utilisation à quatre plages, ou 95,96 €/kVA/an avec un terme d'énergie unique de 1,29 c€/kWh en longue utilisation sans différenciation horaire.
Dépassements de puissance : ce qu'ils coûtent
Au-delà de 36 kVA, le TURPE facture chaque mois, pour chaque plage horaire, la durée pendant laquelle la puissance appelée a dépassé la puissance souscrite : CMDPS = α × h, où h est la durée de dépassement en heures.
- Prix de l'heure de dépassement (α) depuis le 1er août 2026
- 12,79 €
- Durée de dépassement sur la plage
- 9 h
- Composante de dépassement du mois pour cette plage (12,79 × 9)
- 115,11 € HT
Durée fictive. α valait 12,41 € par heure du 1er août 2025 au 31 juillet 2026. La CRE prévoit un plafonnement sur demande au gestionnaire de réseau quand la composante de dépassement dépasse à la fois 30 % de la facture mensuelle du TURPE et 25 fois le prix de la puissance qu'il aurait fallu souscrire.
Jusqu'à 36 kVA, aucun dépassement n'est facturé : le disjoncteur coupe quand la puissance appelée dépasse la puissance souscrite. Si cela arrive souvent, il faut revoir la puissance souscrite avec votre fournisseur.
Selon la CRE, cette composante sert à « inciter les acteurs à souscrire le niveau de puissance correspondant à leur utilisation ». Bien choisir sa puissance est l'un des leviers pour réduire sa facture.
Heures creuses : l'après-midi en été
Avec le TURPE 7, les heures creuses passent progressivement l'après-midi en saison estivale (d'avril à octobre, entre 11 h et 17 h), de l'automne 2025 à fin 2027. Un même site peut donc avoir des heures creuses différentes l'été et l'hiver. Enedis estime le nombre de points concernés à 28 millions en basse tension jusqu'à 36 kVA et à 0,5 million au-delà de 36 kVA et en HTA.
Si vos usages peuvent se déplacer (froid, eau chaude, recharge de véhicules, certains process), vérifiez vos nouveaux horaires sur la facture : le terme d'énergie des heures creuses est nettement plus bas que celui des heures pleines.
Le TURPE sur votre facture, et la CTA
La part fixe du TURPE (gestion, comptage et terme de puissance du soutirage) sert aussi d'assiette à la contribution tarifaire d'acheminement (CTA) : 15 % pour un site raccordé au réseau de distribution depuis le 1er février 2026. Les termes d'énergie et les dépassements n'entrent pas dans cette assiette (la CTA expliquée).
Pour voir où se trouve chaque composante sur une facture réelle, consultez notre page Décrypter ma facture.