Ce qu'est la puissance souscrite
Le médiateur national de l'énergie la définit ainsi : « Quantité d'électricité maximale pouvant être utilisée en même temps par les équipements électriques selon l'abonnement souscrit (6 kVA, 9 kVA …). » Le kilovoltampère (kVA) « est une unité de mesure de la puissance électrique » qui, dans un contrat d'électricité, « sert à indiquer la puissance maximale qui peut être atteinte. Si elle est dépassée, le compteur disjoncte. »
La puissance souscrite se choisit à la souscription du contrat et se modifie ensuite auprès de votre fournisseur. Elle détermine aussi la catégorie de votre site pour l'acheminement : 36 kVA ou moins (basse tension, dit « C5 »), ou plus de 36 kVA (basse tension, dit « C4 »), avec des règles de tarification et de dépassement différentes (le TURPE expliqué).
- 36 kVA ou moins : une seule puissance souscrite pour le site, parmi les niveaux proposés.
- Plus de 36 kVA : une puissance souscrite par plage temporelle (heures pleines et heures creuses de saison haute, heures pleines et heures creuses de saison basse), par multiples de 1 kVA, chaque plage au moins égale à la précédente ; l'option tarifaire est choisie pour douze mois consécutifs.
Ce qu'elle coûte, chaque année
La puissance souscrite se paie deux fois : dans l'abonnement du fournisseur, qui augmente avec la puissance, et dans le TURPE, par le terme de puissance de la composante de soutirage, un montant en euros par kVA et par an multiplié par la puissance souscrite. Les valeurs ci-dessous sont celles fixées par la CRE du 1er août 2026 au 31 juillet 2027.
| Site et option | Terme de puissance |
|---|---|
| 36 kVA ou moins, 4 plages, courte utilisation | 10,42 €/kVA/an |
| 36 kVA ou moins, 4 plages, moyenne utilisation | 12,49 €/kVA/an |
| 36 kVA ou moins, sans différenciation temporelle, longue utilisation | 95,96 €/kVA/an |
| Plus de 36 kVA, courte utilisation (par plage : HPH / HCH / HPB / HCB) | 18,15 / 16,45 / 15,00 / 12,34 €/kVA/an |
| Plus de 36 kVA, longue utilisation (par plage : HPH / HCH / HPB / HCB) | 31,08 / 21,82 / 17,15 / 12,75 €/kVA/an |
- Terme de puissance pour 36 kVA (36 × 10,42)
- 375,12 € HT/an
- Terme de puissance pour 30 kVA (30 × 10,42)
- 312,60 € HT/an
- Écart pour 6 kVA de trop
- 62,52 € HT/an
Calcul sur le seul terme de puissance du TURPE. L'abonnement du fournisseur baisse aussi avec la puissance : au tarif réglementé, l'abonnement en base passe par exemple à 498,60 € HT par an à 36 kVA.
Ce terme de puissance entre dans la part fixe du TURPE, donc dans l'assiette de la CTA : une puissance trop haute se paie une troisième fois, par la contribution.
Ce qui se passe quand on la dépasse
- Site de 36 kVA ou moins : le TURPE ne prévoit aucune facturation de dépassement. Le contrôle est assuré par le disjoncteur : quand la puissance appelée dépasse la puissance souscrite, le compteur coupe. Il faut réduire les appareils en marche, puis réarmer.
- Site de plus de 36 kVA : pas de coupure, mais le réseau facture chaque heure de dépassement par la composante mensuelle des dépassements de puissance souscrite (CMDPS) : 12,79 € HT par heure et par plage temporelle depuis le 1er août 2026. La CRE la justifie ainsi : « inciter les acteurs à souscrire le niveau de puissance correspondant à leur utilisation ».
- 1 kVA souscrit en plus toute l'année, sur les 4 plages, courte utilisation (18,15 + 16,45 + 15,00 + 12,34)
- 61,94 € HT/an
- Une heure de dépassement sur une plage
- 12,79 € HT
- Seuil : au-delà de 61,94 / 12,79 ≈ 4,8 heures de dépassement dans l'année
- 1 kVA de plus coûte moins cher
Ordre de grandeur : dépassement supposé de 1 kVA sur une seule plage. Au-delà de quelques heures de dépassement par an, relever la puissance souscrite coûte moins cher que les dépassements.
Un plafond existe sur demande : quand la CMDPS dépasse à la fois 30 % de la facture TURPE du mois et 25 fois le tarif de la puissance supplémentaire qu'il aurait fallu souscrire, elle peut être plafonnée. Et si le dépassement est contrôlé par un disjoncteur, la puissance souscrite est la puissance de réglage de ce disjoncteur.
Comment choisir, puis ajuster
- Relever la puissance maximale atteinte. Avec un compteur communicant, elle se lit sur le compteur ou dans votre espace chez le gestionnaire de réseau, sur l'année ou sur l'hiver. Pour un site de plus de 36 kVA, votre courbe de charge montre les pointes plage par plage.
- Comparer à la puissance souscrite. Un écart durable de plusieurs kVA vers le bas est une capacité payée pour rien ; des pointes au-dessus annoncent des coupures (36 kVA ou moins) ou des dépassements facturés (au-delà).
- Tenir compte des saisons et des projets : chauffage, climatisation, nouvel équipement, recharge de véhicules.
- Demander l'ajustement à votre fournisseur, qui le fait appliquer par le gestionnaire de réseau. Au-delà de 36 kVA, pensez qu'une option tarifaire se choisit pour douze mois consécutifs.
- Revoir la question à chaque changement d'activité ou de contrat (les leviers sur la facture).
Où la lire sur la facture
La puissance souscrite figure dans les caractéristiques du point de livraison, avec l'option tarifaire d'acheminement. Le terme de puissance du TURPE apparaît dans la ligne d'acheminement, et les dépassements, pour un site de plus de 36 kVA, sur une ligne à part, souvent intitulée CMDPS (décrypter sa facture).
C'est l'un des points que nous vérifions dans l'étude de votre facture, avec le type de prix et les clauses du contrat (le contrat d'électricité professionnel).