1. Vérifier la facture ligne par ligne
Avant de négocier, vérifiez ce que vous payez. Une facture contient des erreurs possibles qui se corrigent sans changer de contrat :
- Le taux d'accise doit correspondre à la puissance du site : 30,62 €/MWh jusqu'à 36 kVA, 26,35 €/MWh au-delà, depuis le 1er août 2026 (l'accise expliquée).
- La CTA se calcule sur la part fixe de l'acheminement : 15 % en distribution depuis le 1er février 2026, contre 21,93 % avant (la CTA expliquée).
- La TVA est à 20 % sur toute la facture depuis le 1er août 2025, abonnement compris.
- Les index : une facture établie sur une consommation estimée peut s'écarter de la consommation réelle ; comparez avec vos relevés.
Notre page Décrypter ma facture détaille chaque ligne avec les taux en vigueur.
2. Comparer avec le tarif réglementé, si vous y avez droit
Depuis le 1er février 2025, une entreprise de moins de 10 personnes dont le chiffre d'affaires, les recettes ou le total de bilan n'excèdent pas 2 M€ a droit au tarif réglementé, quelle que soit sa puissance. Ce n'est pas toujours l'offre la moins chère, mais c'est une référence publique, et il se quitte sans préavis ni frais (conditions).
3. Remettre le contrat en concurrence avant l'échéance
Un contrat renouvelé sans comparaison applique un prix que personne n'a négocié. Notez la date d'échéance et le préavis, puis consultez plusieurs fournisseurs sur la même base : même consommation, même durée, même type de prix, même périmètre (la méthode).
Pour une entreprise de moins de 50 personnes et de moins de 10 M€, aucun frais n'est dû au seul motif d'un changement de fournisseur, sauf contrat à prix fixe et à durée déterminée résilié avant son terme (changer de fournisseur).
4. Choisir le moment de la signature
Une offre à prix fixe reflète le prix de marché à terme du jour où le fournisseur achète l'énergie. Les écarts sont forts : selon RTE, le prix spot moyen est passé de 275,9 €/MWh en 2022 à 61 €/MWh en 2025, et le prix à terme pour l'année suivante de 77 €/MWh en moyenne en 2024 à 61 €/MWh en 2025.
Signer quelques semaines plus tôt ou plus tard peut donc changer le prix pour toute la durée du contrat. D'où l'intérêt de surveiller le marché à l'approche de l'échéance (repères datés).
5. Ajuster la puissance souscrite
La puissance souscrite, en kVA, fixe une partie de l'abonnement et de l'acheminement. Trop haute, vous payez une capacité inutilisée toute l'année. Trop basse, les effets dépendent du site :
- Plus de 36 kVA : chaque dépassement est facturé par le TURPE (composante mensuelle des dépassements de puissance souscrite, CMDPS) : 12,79 € par heure de dépassement depuis le 1er août 2026, plage par plage, chaque mois.
- 36 kVA ou moins : pas de facturation de dépassement, mais le disjoncteur coupe quand la puissance appelée dépasse la puissance souscrite.
La bonne puissance se lit sur vos factures et vos courbes de consommation, en regardant vos pointes réelles, été comme hiver.
Pour un site proche de 36 kVA, le seuil compte doublement : il change la catégorie d'accise (30,62 €/MWh jusqu'à 36 kVA, 26,35 €/MWh au-delà) et le type de raccordement. Faites chiffrer les deux situations avant de modifier quoi que ce soit.
6. Déplacer les consommations vers les heures creuses
Si votre contrat comporte des prix différents selon les heures, déplacer ce qui peut l'être (eau chaude, froid, recharge de véhicules, certains process) vers les heures creuses fait baisser le coût moyen du kWh.
Avec le TURPE 7, entré en vigueur le 1er août 2025, les heures creuses passent progressivement l'après-midi en saison estivale (d'avril à octobre, entre 11 h et 17 h), de l'automne 2025 à fin 2027. Relisez les horaires indiqués sur votre facture : ils peuvent changer l'été et l'hiver (le TURPE expliqué).
7. Vérifier l'accès aux tarifs réduits d'accise
Les entreprises dont la consommation d'électricité est forte par rapport à leur valeur ajoutée peuvent relever d'un tarif réduit d'accise : de 5,5 €/MWh à 0,5 €/MWh selon leur intensité électrique, contre 26,35 €/MWh au taux normal au-delà de 36 kVA. Ces tarifs concernent surtout l'industrie et obéissent aux conditions du code des impositions sur les biens et services (les tarifs réduits).
8. Consommer moins
C'est le seul levier qui joue sur toutes les lignes à la fois : chaque kWh évité supprime l'énergie, l'acheminement variable, l'accise et la TVA qui s'y rattachent. Les actions vont des réglages (chauffage, climatisation, éclairage, horaires) jusqu'aux travaux, que les certificats d'économies d'énergie peuvent financer en partie.
Certaines entreprises y sont obligées : le décret tertiaire pour les surfaces tertiaires d'au moins 1 000 m², l'audit énergétique au-delà de 2,75 GWh par an.
- Accise évitée (taux depuis le 1er août 2026)
- 26,35 € HT
- Énergie évitée, pour un prix d'énergie de 120 €/MWh
- 120,00 € HT
- TVA de 20 % sur ces deux montants
- 29,27 €
- Total évité, hors acheminement variable
- 175,62 € TTC
Le prix de l'énergie de 120 €/MWh est fictif : remplacez-le par celui de votre contrat. S'y ajoute la part variable de l'acheminement, qui dépend de votre option tarifaire.