Ce que fait un courtier en énergie
Le travail d'un courtier commence par la lecture de vos factures et de votre contrat : consommation annuelle, puissance souscrite, option tarifaire, prix actuel, date d'échéance et conditions de sortie. C'est ce qui permet de savoir ce qui est négociable et ce qui ne l'est pas.
- Analyser la facture ligne par ligne : la fourniture et l'abonnement se négocient ; l'acheminement (TURPE en électricité, ATRD en gaz), la CTA et l'accise sont fixés par les pouvoirs publics (décrypter une facture).
- Consulter plusieurs fournisseurs sur le même cahier des charges : même consommation, même durée, même type de prix.
- Comparer les offres reçues sur le coût total, et pas seulement sur le prix du kWh.
- Choisir le moment : le prix d'une offre à prix fixe dépend du marché le jour où le fournisseur achète l'énergie (repères du marché).
- Suivre le contrat : échéance, révisions de prix, renouvellement.
Un courtier est utile surtout quand le contrat est important ou complexe : plusieurs sites, forte consommation, offre indexée, échéance proche. Pour une très petite entreprise, la première question est souvent plus simple : a-t-elle droit au tarif réglementé ?
Courtier, fournisseur, comparateur : qui fait quoi
| Acteur | Son rôle | Ce que vous signez avec lui |
|---|---|---|
| Fournisseur | Vend l'électricité ou le gaz, établit les factures | Le contrat de fourniture |
| Gestionnaire de réseau | Achemine l'énergie, pose et relève le compteur (par exemple Enedis en électricité, GRDF en gaz) | En général rien : le fournisseur s'en charge dans un contrat unique |
| Comparateur en ligne | Classe des offres publiques selon les données saisies | Rien |
| Courtier | Analyse, consulte les fournisseurs, compare, négocie, accompagne | Selon le cas, un mandat ou une lettre de mission |
Un comparateur automatique convient aux offres standardisées des petits sites. Au-delà, les prix des offres professionnelles se construisent souvent sur mesure : ils ne sont pas publiés, et il faut les demander par un appel d'offres. C'est ce que fait un courtier. Voir aussi notre méthode pour comparer les offres d'énergie.
Comment un courtier est rémunéré
Un courtier peut être payé par le client, sous forme d'honoraires, ou par le fournisseur retenu, sous forme de commission. Aucun texte ne plafonne aujourd'hui ces commissions.
C'est l'un des constats de la proposition de loi n° 1845, enregistrée à l'Assemblée nationale le 16 septembre 2025 : le courtage en énergie n'est soumis à « aucune obligation d'inscription au registre national, aucune obligation de déclaration des intérêts économiques éventuels, aucun plafonnement des commissions, ni aucune obligation éthique ou déontologique ». Elle propose notamment d'informer les clients sur la rémunération du courtier.
Ce que la loi encadre, et ce qu'elle n'encadre pas encore
Pas de statut propre au 2 novembre 2026
Le courtage en énergie n'a ni registre obligatoire ni règles de déontologie spécifiques. La proposition de loi n° 1845 prévoit un registre unique des courtiers, des règles de déontologie fixées par décret après avis de la CRE, l'information des clients sur la rémunération et un délai de renouvellement des contrats porté à 2 mois. Elle a été renvoyée à la commission des affaires économiques ; nous n'avons trouvé aucune adoption à ce jour. Un courtier qui se dit « agréé par la CRE » ne dit pas vrai : aucun agrément de ce type n'existe.
Le fournisseur reste responsable
Dans son rapport 2025, le médiateur national de l'énergie juge que c'est « aux fournisseurs d'assumer le défaut de conseil du courtier qui travaille pour leur compte ». Il estime aussi qu'un encadrement plus strict serait nécessaire, « le recours à des courtiers [étant] très fréquent sur ce marché des professionnels ».
Les règles du démarchage
Un professionnel démarché n'a droit au délai de rétractation de 14 jours que s'il emploie 5 salariés ou moins, que le contrat est signé hors établissement et qu'il n'entre pas dans son activité principale (article L. 221-3 du code de la consommation). Le consentement préalable au démarchage téléphonique, en vigueur depuis le 11 août 2026, protège les consommateurs, pas les entreprises. Détails dans notre guide pour changer de fournisseur.
Les questions à poser à un courtier
- Comment êtes-vous rémunéré ? Honoraires ou commission du fournisseur, et quel montant, avant la signature.
- Quels fournisseurs consultez-vous ? Plus la consultation est large, plus la comparaison a de sens.
- Puis-je voir les offres reçues ? Une offre écrite par fournisseur, sur la même base.
- Comparez-vous le coût total ? Énergie, abonnement, capacité, CEE, puis acheminement et taxes, sur ma consommation réelle.
- Quelles sont les conditions de sortie ? Durée, préavis, frais de résiliation anticipée.
- Que faites-vous de mes données ? Elles ne doivent être transmises à un fournisseur qu'avec votre accord.
Méfiez-vous d'un interlocuteur qui presse la signature, refuse d'envoyer l'offre par écrit ou présente un fournisseur unique comme « le seul disponible ».
Notre méthode
- Pré-analyse gratuite : trois informations sur votre entreprise, puis une première lecture de votre situation (simulation).
- Étude de la facture : chaque ligne vérifiée, ce qui est négociable et ce qui ne l'est pas (exemple de rapport).
- Consultation et comparaison des fournisseurs sur la même base.
- Décision : vous choisissez, ou vous gardez votre contrat actuel s'il est déjà au bon prix.