Énergie par secteur

Énergie de l'industrie : prix, contrats et leviers en 2026

Pour un industriel, l'énergie est un coût de production. En 2024, selon l'Insee, les établissements industriels de 20 salariés ou plus ont consommé 23,4 Mtep hors matières premières, pour une facture de 17,3 Md€, en baisse de 24 % sur un an mais encore bien au-dessus de 2019.

Surtout, tous ne paient pas le même prix : les petits consommateurs paient le MWh beaucoup plus cher que les gros. Voici les chiffres, les leviers de contrat et les dispositifs propres à l'industrie.

Par Bourse des ÉnergiesMis à jour le Sources officielles

Des prix très différents selon la taille

L'enquête annuelle de l'Insee sur les consommations d'énergie dans l'industrie (EACEI) couvre les établissements de 20 salariés ou plus. Ses résultats pour 2024 :

  • les établissements consommant moins de 2 000 MWh d'électricité par an représentent 73 % des établissements ;
  • ils paient le MWh d'électricité 2,6 fois plus cher que ceux qui consomment plus de 20 000 MWh ; l'écart était de 1,9 en 2019 ;
  • 59 % d'entre eux ont un contrat à prix fixe (53 % en 2023) ;
  • parmi les établissements à prix fixe qui ont renouvelé leur contrat en 2024, le prix a baissé de 30 % pour les contrats d'un an et de 17 % pour ceux de deux ans.

Autrement dit, le moment du renouvellement et la durée du contrat ont pesé autant que la taille du site. Les contrats renouvelés en 2024 ont baissé, d'autant plus qu'ils étaient courts ; un contrat signé pendant la crise et qui court encore peut rester au-dessus du marché (prix de l'électricité).

Où va l'énergie d'un site industriel

Dans les établissements industriels de 20 à 49 salariés, en 2024, les tableaux de l'Insee répartissent ainsi les usages :

Usages de l'énergie, établissements industriels de 20 à 49 salariés, 2024
ÉlectricitéPartGazPart
Force motrice (moteurs, pompes, compresseurs)52,5 %Fabrication77,7 %
Usages thermodynamiques hors chauffage des locaux25,0 %Chauffage ou autre usage19,3 %
Chauffage des locaux et autres8,1 %Production d'électricité2,6 %
Usages thermiques, froid compris5,9 %——
Éclairage4,8 %——
Parts calculées sur les quantités publiées par l'Insee (enquête EACEI 2024, tableaux par effectif, parus le 30 juin 2026). Les autres usages de l'électricité (électrolyse, mobilité sur site) font 3,7 % ; pour le gaz, la mobilité fait 0,4 %.

La force motrice domine la consommation d'électricité : moteurs, pompes, ventilateurs et compresseurs sont les premiers gisements d'économie. Pour le gaz, c'est le procédé de fabrication lui-même.

Contrat et acheminement : les choix qui comptent

  • Le type de prix : fixe pour un budget connu, indexé sur le marché pour suivre les prix, ou achat par tranches, dont il n'existe aucune définition officielle (types de contrats).
  • L'option d'acheminement : un site de plus de 36 kVA choisit pour 12 mois entre courte et longue utilisation, et souscrit une puissance par plage horaire (le TURPE).
  • La puissance souscrite : chaque heure de dépassement coûte 12,79 € par plage depuis le 1er août 2026 en basse tension de plus de 36 kVA ; en HTA, le dépassement se calcule par pas de 10 minutes.
  • La capacité : depuis l'hiver 2026-2027, le mécanisme est centralisé par RTE et financé par une taxe payée par les fournisseurs ; vérifiez comment votre contrat la répercute.

L'accise réduite pour les activités très consommatrices

Le taux normal de l'accise sur l'électricité est de 26,35 €/MWh au-delà de 36 kVA depuis le 1er août 2026. Mais les activités dont l'intensité électrique est forte peuvent relever d'un tarif réduit, selon la table 2026 de la DGFiP :

Tarifs réduits de l'accise sur l'électricité (1er janvier 2026 au 31 janvier 2027)
Activité (code)Intensité électriqueTarif
Grandes consommatrices d'électricité (E23)Au moins 0,5 %5,50 €/MWh
Électro-sensibles (E24)Au moins 2,25 %3,00 €/MWh
Électro-intensives (E25)Au moins 6,75 %0,50 €/MWh
Industrie exposée à la concurrence internationale (E30)Au moins 0,5 %0,50 €/MWh
Le tarif réduit s'obtient par une attestation remise au fournisseur (formulaire n° 2040-TIC-ATT-E-SD) ou par une demande de remboursement à la DGFiP. L'éligibilité se vérifie à la fin de chaque exercice (l'accise).

Les obligations des industriels

Audit énergétique : depuis le 1er octobre 2025, une entreprise dont la consommation annuelle moyenne d'énergie finale atteint 2,75 GWh doit réaliser un audit tous les 4 ans, sauf système de management de l'énergie ; à 23,6 GWh, ce système doit être certifié ISO 50001. Le manquement expose à une amende de 2 % du chiffre d'affaires hors taxes au plus (l'audit énergétique).

Certificats d'économies d'énergie : les travaux d'efficacité énergétique peuvent être financés en partie par les CEE, dont la 6e période court du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030.

Questions fréquentes

Pourquoi les petits industriels paient-ils l'électricité plus cher ?

Selon l'Insee, en 2024, les établissements consommant moins de 2 000 MWh d'électricité par an payaient le MWh 2,6 fois plus cher que ceux qui en consomment plus de 20 000. Les volumes, le profil de consommation, le type de contrat et la date de signature expliquent ces écarts.

Un industriel peut-il payer moins d'accise sur l'électricité ?

Oui si son activité relève d'un tarif réduit : de 5,50 €/MWh pour les grandes consommatrices d'électricité à 0,50 €/MWh pour les électro-intensives, contre 26,35 €/MWh au taux normal au-delà de 36 kVA. Il remet une attestation à son fournisseur ou demande un remboursement à la DGFiP.

Mon usine doit-elle faire un audit énergétique ?

Oui si la consommation annuelle moyenne d'énergie finale de l'entreprise atteint 2,75 GWh, tous les 4 ans, sauf système de management de l'énergie. Au-delà de 23,6 GWh, un système de management de l'énergie certifié ISO 50001 est exigé.
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