Des prix très différents selon la taille
L'enquête annuelle de l'Insee sur les consommations d'énergie dans l'industrie (EACEI) couvre les établissements de 20 salariés ou plus. Ses résultats pour 2024 :
- les établissements consommant moins de 2 000 MWh d'électricité par an représentent 73 % des établissements ;
- ils paient le MWh d'électricité 2,6 fois plus cher que ceux qui consomment plus de 20 000 MWh ; l'écart était de 1,9 en 2019 ;
- 59 % d'entre eux ont un contrat à prix fixe (53 % en 2023) ;
- parmi les établissements à prix fixe qui ont renouvelé leur contrat en 2024, le prix a baissé de 30 % pour les contrats d'un an et de 17 % pour ceux de deux ans.
Autrement dit, le moment du renouvellement et la durée du contrat ont pesé autant que la taille du site. Les contrats renouvelés en 2024 ont baissé, d'autant plus qu'ils étaient courts ; un contrat signé pendant la crise et qui court encore peut rester au-dessus du marché (prix de l'électricité).
Où va l'énergie d'un site industriel
Dans les établissements industriels de 20 à 49 salariés, en 2024, les tableaux de l'Insee répartissent ainsi les usages :
| Électricité | Part | Gaz | Part |
|---|---|---|---|
| Force motrice (moteurs, pompes, compresseurs) | 52,5 % | Fabrication | 77,7 % |
| Usages thermodynamiques hors chauffage des locaux | 25,0 % | Chauffage ou autre usage | 19,3 % |
| Chauffage des locaux et autres | 8,1 % | Production d'électricité | 2,6 % |
| Usages thermiques, froid compris | 5,9 % | — | — |
| Éclairage | 4,8 % | — | — |
La force motrice domine la consommation d'électricité : moteurs, pompes, ventilateurs et compresseurs sont les premiers gisements d'économie. Pour le gaz, c'est le procédé de fabrication lui-même.
Contrat et acheminement : les choix qui comptent
- Le type de prix : fixe pour un budget connu, indexé sur le marché pour suivre les prix, ou achat par tranches, dont il n'existe aucune définition officielle (types de contrats).
- L'option d'acheminement : un site de plus de 36 kVA choisit pour 12 mois entre courte et longue utilisation, et souscrit une puissance par plage horaire (le TURPE).
- La puissance souscrite : chaque heure de dépassement coûte 12,79 € par plage depuis le 1er août 2026 en basse tension de plus de 36 kVA ; en HTA, le dépassement se calcule par pas de 10 minutes.
- La capacité : depuis l'hiver 2026-2027, le mécanisme est centralisé par RTE et financé par une taxe payée par les fournisseurs ; vérifiez comment votre contrat la répercute.
L'accise réduite pour les activités très consommatrices
Le taux normal de l'accise sur l'électricité est de 26,35 €/MWh au-delà de 36 kVA depuis le 1er août 2026. Mais les activités dont l'intensité électrique est forte peuvent relever d'un tarif réduit, selon la table 2026 de la DGFiP :
| Activité (code) | Intensité électrique | Tarif |
|---|---|---|
| Grandes consommatrices d'électricité (E23) | Au moins 0,5 % | 5,50 €/MWh |
| Électro-sensibles (E24) | Au moins 2,25 % | 3,00 €/MWh |
| Électro-intensives (E25) | Au moins 6,75 % | 0,50 €/MWh |
| Industrie exposée à la concurrence internationale (E30) | Au moins 0,5 % | 0,50 €/MWh |
Les obligations des industriels
Audit énergétique : depuis le 1er octobre 2025, une entreprise dont la consommation annuelle moyenne d'énergie finale atteint 2,75 GWh doit réaliser un audit tous les 4 ans, sauf système de management de l'énergie ; à 23,6 GWh, ce système doit être certifié ISO 50001. Le manquement expose à une amende de 2 % du chiffre d'affaires hors taxes au plus (l'audit énergétique).
Certificats d'économies d'énergie : les travaux d'efficacité énergétique peuvent être financés en partie par les CEE, dont la 6e période court du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030.