Énergie par secteur

Énergie d'une boulangerie : consommation, contrat et économies

Le four est le cœur d'une boulangerie, et le premier poste de sa facture d'énergie. Selon l'ADEME, une boulangerie-pâtisserie consomme en moyenne 92 000 kWh par an, dont 66 % pour la cuisson, pour une facture moyenne de 13 300 € HT.

C'est l'un des métiers que le Conseil d'État cite parmi ceux qui ont retrouvé le droit au tarif réglementé d'électricité. Voici les chiffres du secteur, les contrats possibles et les leviers d'économie.

Par Bourse des ÉnergiesMis à jour le Sources officielles

Ce que consomme une boulangerie

Boulangeries-pâtisseries : repères de l'ADEME
RepèreValeur
Nombre d'établissements32 600
Consommation moyenne par établissement92 000 kWh par an
Facture moyenne13 300 € HT par an
Premier usage : cuisson66 % de la consommation
Deuxième usage : réfrigération16 %
Troisième usage : chauffage8 %
Source : ADEME, fiche métier « Boulangeries-pâtisseries » (TPE et PME, hors décret tertiaire ; toutes énergies et tous usages). L'ADEME n'indique pas l'année des données ; ce sont des moyennes.

La part de la cuisson dépend surtout de l'énergie du four : un fournil tout électrique concentre presque toute sa consommation sur le contrat d'électricité ; un four au gaz partage la facture entre deux contrats, à comparer chacun de son côté.

Le tarif réglementé d'électricité, rouvert aux boulangeries

Depuis le 1er février 2025, une entreprise de moins de 10 personnes dont le chiffre d'affaires, les recettes ou le total de bilan n'excèdent pas 2 M€ a droit au tarif réglementé d'électricité, quelle que soit sa puissance. Le Conseil d'État a validé cette ouverture le 30 septembre 2026, en citant « les boulangeries, boucheries, fleuristes ou restaurants ».

Pour un fournil de plus de 36 kVA, c'est le tarif jaune qui s'applique, rouvert aux seules entreprises éligibles. Comparez-le à votre offre actuelle sur votre consommation réelle avant de décider (conditions et barèmes).

Puissance souscrite : le point sensible du fournil

Fours, pétrins, chambres de pousse et chambres froides tournent souvent en même temps aux heures de fabrication. Selon la puissance du site :

  • 36 kVA ou moins : une puissance appelée supérieure à la puissance souscrite fait couper le disjoncteur ;
  • plus de 36 kVA : chaque heure de dépassement est facturée 12,79 € par plage horaire depuis le 1er août 2026 ; un site qui dépasse souvent paie plus cher que s'il avait souscrit la bonne puissance.

Le seuil de 36 kVA change aussi la catégorie d'accise : 30,62 €/MWh jusqu'à 36 kVA, 26,35 €/MWh au-delà, depuis le 1er août 2026 (l'accise).

Exemple : accise sur 60 MWh d'électricité par an
Site de 36 kVA ou moins (60 × 30,62)
1 837,20 € HT
Site de plus de 36 kVA (60 × 26,35)
1 581,00 € HT

Consommation fictive, taux depuis le 1er août 2026. La TVA de 20 % s'ajoute à la facture.

Le gaz du fournil

Un four au gaz suppose un contrat de gaz, uniquement en offre de marché depuis la fin des tarifs réglementés du gaz pour les professionnels, le 1er décembre 2020. L'option d'acheminement dépend de la consommation annuelle : T2 de 4 à 300 MWh par an.

Les prix de gros du gaz ont fortement monté en 2026 : la référence de coût d'approvisionnement de la CRE est passée de 30,09 €/MWh en janvier à 71,12 €/MWh en novembre. Un contrat à prix fixe signé avant cette hausse protège ; un contrat indexé l'a suivie. Notez l'échéance de votre contrat de gaz comme celle de l'électricité (prix du gaz professionnel).

Heures de fabrication et heures creuses

Une boulangerie fabrique souvent la nuit et tôt le matin. Si votre contrat comporte des prix différents selon les heures, ces horaires peuvent tomber en heures creuses. Avec le TURPE 7, les heures creuses passent progressivement l'après-midi en été (entre 11 h et 17 h, d'avril à octobre), de l'automne 2025 à fin 2027 : vérifiez sur vos factures les horaires appliqués à votre site, été comme hiver.

Les leviers d'économie

  1. Comparer le contrat avant son échéance, et le tarif réglementé si vous y avez droit (la méthode).
  2. Ajuster la puissance souscrite à vos pointes réelles de fabrication.
  3. Organiser les cuissons pour limiter les montées en température et les fours allumés à vide.
  4. Entretenir le froid (joints, portes, condenseurs), deuxième poste de consommation.
  5. Vérifier chaque facture : taux d'accise, CTA, index réels (décrypter sa facture).

Questions fréquentes

Combien consomme une boulangerie en électricité ?

Selon l'ADEME, une boulangerie-pâtisserie consomme en moyenne 92 000 kWh par an, toutes énergies confondues, dont 66 % pour la cuisson, 16 % pour la réfrigération et 8 % pour le chauffage. La facture moyenne est de 13 300 € HT par an.

Une boulangerie peut-elle revenir au tarif réglementé d'électricité ?

Oui si elle emploie moins de 10 personnes et si son chiffre d'affaires, ses recettes ou son total de bilan n'excèdent pas 2 M€, quelle que soit sa puissance. Le Conseil d'État a validé cette règle le 30 septembre 2026 en citant les boulangeries.

Mon fournil dépasse 36 kVA : quel tarif réglementé ?

Le tarif jaune, rouvert depuis le 1er février 2025 aux seules entreprises éligibles (moins de 10 personnes et au plus 2 M€). Au-delà de 36 kVA, l'accise est aussi plus basse : 26,35 €/MWh au lieu de 30,62 €/MWh.

Une boulangerie peut-elle payer moins d'accise sur l'électricité ?

La table 2026 de la DGFiP ne prévoit pas de tarif réduit propre au commerce ou à l'artisanat. Les tarifs réduits dépendent de l'intensité électrique de l'activité, c'est-à-dire de l'électricité consommée rapportée à la valeur ajoutée, et des conditions du code des impositions sur les biens et services. Sans ces conditions, c'est le taux normal : 30,62 €/MWh jusqu'à 36 kVA, 26,35 €/MWh au-delà. Voir l'accise sur l'électricité.

Four au gaz ou four électrique : quel contrat ?

Un four au gaz suppose un contrat de gaz, uniquement en offre de marché depuis la fin des tarifs réglementés du gaz pour les professionnels. Électricité et gaz se comparent séparément, chacun sur sa propre consommation.
Gratuit · Sans engagement

Votre boulangerie paie-t-elle le bon prix ?

Un conseiller lit vos factures, vérifie votre éligibilité au tarif réglementé et votre puissance souscrite, puis vous dit ce qui peut être négocié.