Ce que consomme un commerce
| Activité | Consommation moyenne | Facture moyenne | Premiers usages |
|---|---|---|---|
| Commerce alimentaire | 24 000 kWh/an | 3 500 € HT/an | Réfrigération 59 %, chauffage 14 %, éclairage 9 % |
| Commerce non alimentaire | 28 000 kWh/an | 4 800 € HT/an | Chauffage 40 %, climatisation 21 %, éclairage 13 % |
| Boucherie, charcuterie, traiteur | 32 000 kWh/an | 5 900 € HT/an | Cuisson 42 %, réfrigération 32 %, chauffage 10 % |
Ces moyennes masquent de grands écarts : une supérette avec plusieurs vitrines réfrigérées n'a rien à voir avec une boutique de vêtements. Votre consommation réelle se lit sur vos factures des douze derniers mois.
Le contrat : tarif réglementé ou offre de marché
Depuis le 1er février 2025, une entreprise de moins de 10 personnes dont le chiffre d'affaires, les recettes ou le total de bilan n'excèdent pas 2 M€ a droit au tarif réglementé d'électricité, quelle que soit la puissance de son site. Le Conseil d'État cite parmi les exemples « les boulangeries, boucheries, fleuristes ou restaurants ».
Le tarif réglementé n'est pas toujours le moins cher, mais il sert de référence et se quitte sans frais. Si vous êtes en offre de marché, comparez-la sur votre consommation réelle, avec la même durée et le même périmètre (comparer les offres).
Froid, chauffage, éclairage : où agir
- Commerce alimentaire : le froid représente 59 % de la consommation moyenne. Portes ou rideaux sur les meubles réfrigérés ouverts, entretien des joints et des condenseurs, réglage des températures de consigne.
- Commerce non alimentaire : chauffage et climatisation font 61 % de la consommation moyenne. Programmation selon les heures d'ouverture, portes d'entrée fermées, consignes raisonnables.
- Éclairage : 9 à 13 % selon l'activité ; extinction hors des heures d'ouverture et éclairage adapté.
Côté facture, vérifiez votre puissance souscrite : jusqu'à 36 kVA, une puissance trop basse fait couper le disjoncteur ; au-delà, les dépassements se paient 12,79 € par heure et par plage depuis le 1er août 2026 (le TURPE).
Portes, enseignes, vitrines : les règles qui s'imposent
Trois règles visent directement l'énergie d'un commerce. Elles ne coûtent rien à appliquer, et leur non-respect est sanctionné :
- Porte fermée quand le chauffage ou la climatisation fonctionne. Depuis le 7 octobre 2022 (article R. 175-7 du code de la construction et de l'habitation, décret n° 2022-1295), les portes d'un local tertiaire chauffé ou climatisé ne doivent pas être maintenues ouvertes, « y compris pendant les heures d'ouverture aux usagers ». Seule exception : le renouvellement de l'air intérieur ou une recommandation des autorités sanitaires. Après une mise en demeure, le maire peut prononcer une amende administrative de 750 € au plus. Selon le ministère, un rideau d'air ne dispense pas de fermer la porte.
- Enseignes éteintes la nuit. Une enseigne lumineuse est éteinte entre 1 h et 6 h quand l'activité a cessé. Si l'activité cesse ou commence entre minuit et 7 h, elle est éteinte au plus tard une heure après la fermeture et peut être rallumée une heure avant la reprise (article R. 581-59 du code de l'environnement). Les publicités lumineuses sont éteintes entre 1 h et 6 h (article R. 581-35). Sanction : contravention de 5e classe, jusqu'à 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une société.
- Vitrines éteintes à 1 h. L'éclairage d'une vitrine est éteint à 1 h au plus tard, ou une heure après la fermeture si elle est plus tardive, et rallumé à 7 h au plus tôt, ou une heure avant l'ouverture (arrêté du 27 décembre 2018). L'éclairage intérieur des locaux professionnels s'éteint au plus tard une heure après la fin de leur occupation.
Selon l'ADEME, chauffage et climatisation font en moyenne 61 % de la consommation d'un commerce non alimentaire : une porte fermée et un éclairage coupé la nuit pèsent directement sur la facture.
Grandes surfaces : le décret tertiaire
Un commerce ou un ensemble commercial d'au moins 1 000 m² d'activité tertiaire relève du décret tertiaire : déclaration annuelle des consommations sur OPERAT au plus tard le 30 septembre, et réduction de la consommation d'au moins 40 % d'ici 2030 par rapport à une année de référence, ou valeur absolue fixée pour son activité. L'arrêté du 1er août 2025 a complété ces valeurs absolues, notamment pour le commerce de détail alimentaire et non alimentaire et pour les grandes surfaces (le décret tertiaire).
L'obligation pèse à la fois sur le propriétaire et sur le locataire : un commerçant en bail commercial est concerné.