Énergie par secteur

Énergie d'un hôtel : consommation, contrats et obligations

Un hôtel chauffe, produit de l'eau chaude, cuisine et souvent climatise, toute l'année et à toute heure. Selon l'ADEME, un hébergement consomme en moyenne 74 000 kWh par an, toutes énergies confondues, pour une facture moyenne de 13 000 € HT.

Au-delà du prix de l'énergie, les hôtels sont souvent concernés par le décret tertiaire et le décret BACS. Voici les chiffres du secteur, les contrats et les obligations à connaître.

Par Bourse des ÉnergiesMis à jour le Sources officielles

Ce que consomme un hôtel

Hébergements : repères de l'ADEME
RepèreValeur
Nombre d'établissements35 900
Consommation moyenne par établissement74 000 kWh par an
Facture moyenne13 000 € HT par an
Premier usage : chauffage32 % de la consommation
Deuxième usage : eau chaude15 %
Troisième usage : cuisson13 %
Source : ADEME, fiche métier « Hébergements » (TPE et PME, hors décret tertiaire ; toutes énergies et tous usages). L'ADEME n'indique pas l'année des données ; ce sont des moyennes.

Chauffage et eau chaude représentent à eux seuls près de la moitié de la consommation moyenne. Selon qu'ils fonctionnent au gaz ou à l'électricité, l'enjeu se situe sur l'un ou l'autre contrat, voire sur les deux.

Électricité et gaz : les contrats

Électricité. Un petit hôtel de moins de 10 personnes, dont le chiffre d'affaires, les recettes ou le total de bilan n'excèdent pas 2 M€, a droit au tarif réglementé, quelle que soit sa puissance (conditions). Au-delà, seules les offres de marché sont possibles : un prix fixe donne un budget connu pour la saison, un prix indexé suit le marché.

Gaz. Il n'existe plus de tarif réglementé du gaz pour les professionnels. L'option d'acheminement dépend de la consommation : T2 jusqu'à 300 MWh par an, T3 au-delà, dont la structure a changé au 1er juillet 2026 (prix du gaz professionnel).

Pour un groupe ou un hôtel à plusieurs bâtiments, chaque point de livraison a sa puissance, son taux d'accise et son échéance : dressez-en la liste avant de consulter les fournisseurs.

Décret tertiaire : souvent concerné

Le décret tertiaire s'applique dès que l'activité tertiaire atteint 1 000 m², cumulés sur un bâtiment ou un ensemble. Il impose de réduire la consommation d'énergie finale d'au moins 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une année de référence, ou d'atteindre une valeur absolue fixée pour l'hôtellerie.

  • Déclaration des consommations de l'année précédente sur OPERAT, au plus tard le 30 septembre de chaque année.
  • Choix de l'année de référence (entre 2010 et 2022) au plus tard le 30 septembre 2027.
  • Obligation partagée entre le propriétaire et l'exploitant locataire.

Le détail, et les sanctions, sont dans notre guide du décret tertiaire.

Décret BACS : la gestion technique du bâtiment

Un bâtiment tertiaire dont le système de chauffage ou de climatisation dépasse 290 kW devait être équipé d'un système d'automatisation et de contrôle avant le 1er janvier 2025. Au-delà de 70 kW, l'échéance est le 1er janvier 2030 pour les bâtiments existants (guide officiel BACS de janvier 2026). L'obligation joue aussi au remplacement d'un système de plus de 70 kW.

Entretien et inspection du chauffage et de la climatisation

Le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020 encadre l'entretien des climatisations et pompes à chaleur (systèmes « thermodynamiques ») :

  • De 4 à 70 kW : entretien au moins tous les deux ans (articles R. 224-44 et suivants du code de l'environnement), à la charge de l'occupant pour un système individuel, sauf clause contraire du bail.
  • Plus de 70 kW : inspection périodique, au moins tous les cinq ans, à l'initiative du propriétaire (articles R. 224-45 et suivants). Depuis le 1er janvier 2025, seul un organisme accrédité selon la norme ISO/IEC 17020 (type A) peut la réaliser. Pour les systèmes en place au 1er juillet 2020, la première inspection était due au plus tard le 1er juillet 2025.
  • Exemption : les systèmes reliés à un système d'automatisation et de contrôle du bâtiment (le « BACS » ci-dessus) sont dispensés de cette inspection (article R. 175-4 du code de la construction et de l'habitation).

Enfin, la règle des portes fermées vaut aussi pour un hôtel : quand le chauffage ou la climatisation fonctionne, les portes d'un bâtiment tertiaire ne doivent pas être maintenues ouvertes, y compris pendant l'ouverture au public (article R. 175-7 du même code ; amende administrative de 750 € au plus après mise en demeure).

Les leviers d'économie

  1. Comparer les contrats d'électricité et de gaz avant leur échéance, séparément (la méthode).
  2. Piloter le chauffage et la climatisation selon l'occupation des chambres : c'est le premier poste.
  3. Surveiller l'eau chaude : températures, pertes de bouclage, réglages.
  4. Ajuster la puissance souscrite et vérifier l'option tarifaire de chaque site (le TURPE).
  5. Suivre les consommations mois par mois : c'est aussi ce que demande la déclaration OPERAT.

Questions fréquentes

Combien consomme un hôtel en énergie ?

Selon l'ADEME, un hébergement consomme en moyenne 74 000 kWh par an, toutes énergies confondues, pour une facture moyenne de 13 000 € HT. Le chauffage représente 32 % de la consommation, l'eau chaude 15 % et la cuisson 13 %.

Un hôtel est-il concerné par le décret tertiaire ?

Oui s'il compte au moins 1 000 m² d'activité tertiaire, sur un bâtiment ou un ensemble. Il doit alors déclarer chaque année ses consommations sur OPERAT avant le 30 septembre et réduire sa consommation d'au moins 40 % d'ici 2030 par rapport à son année de référence, ou atteindre la valeur absolue fixée pour son activité.

Faut-il faire inspecter la climatisation d'un hôtel ?

Oui au-delà de 70 kW : inspection au moins tous les cinq ans par un organisme accrédité, à l'initiative du propriétaire, sauf si le système est relié à une gestion technique du bâtiment. De 4 à 70 kW, un entretien est obligatoire au moins tous les deux ans (décret n° 2020-912).

Un petit hôtel peut-il avoir le tarif réglementé d'électricité ?

Oui s'il emploie moins de 10 personnes et si son chiffre d'affaires, ses recettes ou son total de bilan n'excèdent pas 2 M€, quelle que soit sa puissance depuis le 1er février 2025.
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Votre hôtel paie-t-il le bon prix ?

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