Ce que consomme un hôtel
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Nombre d'établissements | 35 900 |
| Consommation moyenne par établissement | 74 000 kWh par an |
| Facture moyenne | 13 000 € HT par an |
| Premier usage : chauffage | 32 % de la consommation |
| Deuxième usage : eau chaude | 15 % |
| Troisième usage : cuisson | 13 % |
Chauffage et eau chaude représentent à eux seuls près de la moitié de la consommation moyenne. Selon qu'ils fonctionnent au gaz ou à l'électricité, l'enjeu se situe sur l'un ou l'autre contrat, voire sur les deux.
Électricité et gaz : les contrats
Électricité. Un petit hôtel de moins de 10 personnes, dont le chiffre d'affaires, les recettes ou le total de bilan n'excèdent pas 2 M€, a droit au tarif réglementé, quelle que soit sa puissance (conditions). Au-delà, seules les offres de marché sont possibles : un prix fixe donne un budget connu pour la saison, un prix indexé suit le marché.
Gaz. Il n'existe plus de tarif réglementé du gaz pour les professionnels. L'option d'acheminement dépend de la consommation : T2 jusqu'à 300 MWh par an, T3 au-delà, dont la structure a changé au 1er juillet 2026 (prix du gaz professionnel).
Pour un groupe ou un hôtel à plusieurs bâtiments, chaque point de livraison a sa puissance, son taux d'accise et son échéance : dressez-en la liste avant de consulter les fournisseurs.
Décret tertiaire : souvent concerné
Le décret tertiaire s'applique dès que l'activité tertiaire atteint 1 000 m², cumulés sur un bâtiment ou un ensemble. Il impose de réduire la consommation d'énergie finale d'au moins 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une année de référence, ou d'atteindre une valeur absolue fixée pour l'hôtellerie.
- Déclaration des consommations de l'année précédente sur OPERAT, au plus tard le 30 septembre de chaque année.
- Choix de l'année de référence (entre 2010 et 2022) au plus tard le 30 septembre 2027.
- Obligation partagée entre le propriétaire et l'exploitant locataire.
Le détail, et les sanctions, sont dans notre guide du décret tertiaire.
Décret BACS : la gestion technique du bâtiment
Un bâtiment tertiaire dont le système de chauffage ou de climatisation dépasse 290 kW devait être équipé d'un système d'automatisation et de contrôle avant le 1er janvier 2025. Au-delà de 70 kW, l'échéance est le 1er janvier 2030 pour les bâtiments existants (guide officiel BACS de janvier 2026). L'obligation joue aussi au remplacement d'un système de plus de 70 kW.
Entretien et inspection du chauffage et de la climatisation
Le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020 encadre l'entretien des climatisations et pompes à chaleur (systèmes « thermodynamiques ») :
- De 4 à 70 kW : entretien au moins tous les deux ans (articles R. 224-44 et suivants du code de l'environnement), à la charge de l'occupant pour un système individuel, sauf clause contraire du bail.
- Plus de 70 kW : inspection périodique, au moins tous les cinq ans, à l'initiative du propriétaire (articles R. 224-45 et suivants). Depuis le 1er janvier 2025, seul un organisme accrédité selon la norme ISO/IEC 17020 (type A) peut la réaliser. Pour les systèmes en place au 1er juillet 2020, la première inspection était due au plus tard le 1er juillet 2025.
- Exemption : les systèmes reliés à un système d'automatisation et de contrôle du bâtiment (le « BACS » ci-dessus) sont dispensés de cette inspection (article R. 175-4 du code de la construction et de l'habitation).
Enfin, la règle des portes fermées vaut aussi pour un hôtel : quand le chauffage ou la climatisation fonctionne, les portes d'un bâtiment tertiaire ne doivent pas être maintenues ouvertes, y compris pendant l'ouverture au public (article R. 175-7 du même code ; amende administrative de 750 € au plus après mise en demeure).
Les leviers d'économie
- Comparer les contrats d'électricité et de gaz avant leur échéance, séparément (la méthode).
- Piloter le chauffage et la climatisation selon l'occupation des chambres : c'est le premier poste.
- Surveiller l'eau chaude : températures, pertes de bouclage, réglages.
- Ajuster la puissance souscrite et vérifier l'option tarifaire de chaque site (le TURPE).
- Suivre les consommations mois par mois : c'est aussi ce que demande la déclaration OPERAT.